CCC19 FINDHORN, ECOSSE

La semaine dernière, Findhorn accueillait un festival éblouissant: la Conférence internationale “Climate Change and Consciousness”.
Au menu:  musique, danse, théâtre, le tout entrecoupé de discussions et d'ateliers en compagnie de certaines des plus grandes autorités mondiales en matière de changement climatique et de transition.

Au cours des vingt dernières années, les scientifiques ont multiplié les avertissements sur le danger des points de basculement et des boucles de rétroaction auto-renforçantes du changement climatique rapide. Au fil des ans, les signes indiquant que nous sommes proches, voire dans certains cas passés, du point de non-retour de certains de ces systèmes se font de plus en plus pressants.

Parallèlement, nous savons également que les systèmes socioculturels ont eux aussi un point de basculement : LE moment où une idée marginale devient irrésistible et où un nouveau paradigme commence à émerger, porté par un mouvement et un nombre de personnes de plus en plus nombreuses.

Le sentiment que maintenant est LE moment où un tel mouvement peut émerger est palpable dans l’atmosphère qui se dégage de la conférence.

Tout au long de la semaine nous nous sommes sentis portés par les actions qui se déroulaient parallèlement, comme l’héroïque occupation de Extinction Rebellion à Londres, qui auront tenu10 jours sur les ponts, les grèves hebdomadaires dans les écoles du monde entier, mais aussi touchés par la mort de Polly Higgins qui nous pousse à prendre le relais !

Les interventions de Vandana Shiva, Bill McKibben, Christiana Figueres, Angaangaq Angakkorsuaq et Charles Eisenstein nous interpellent, nous provoquent et nous incitent à nous engager et à passer à l’action, pour assurer un avenir aux générations futures.
Lors de cet événement, l’intervention de  Xiuhtezcatl Martinez et d’une vingtaine d’adolescents nous a aussi particulièrement touchés. “Je déteste quand les gens disent: tu me donnes de l'espoir. Nous avons besoin que vous soyez plein d'espoir! Nous avons besoin d'exemples et d’adultes qui modèlent l'espoir.” nous dira Finn, 16 ans.

Les représentants des sagesses ancestrales ont aussi fait entendre leur voix avec leur message d’interdépendance et d’amour pour la terre. Parmi ceux-ci, Mama Visolela nous invita à créer un mouvement d’amour et de compassion autour de nous, et à simplement «walk the land» (se promener sur la terre) pour cultiver notre relation avec la nature.

Chaque conversation est une porte ouverte sur le champ des possibles.

Le plus belle expérience aura été vécue dans notre «homegroupe» (cercle de partage). Au début de la semaine, le professeur Ousmane Aly PAME, Président de REDES (Network for Ecovillage Emergence & Development in the Sahel), nous exprima sa frustration d’avoir participé à tant de conférences et de ne pas voir la situation dans son pays changer.  Nous l’avons tous entendu et chacun ressentait à l’intérieur de lui le besoin de lui montrer que cette fois-ci serait différente… Lors de notre dernière rencontre, Tilo, un allemand, se leva et alla vers Ousmane, en lui donnant toutes les livres sterling qui lui restaient. Le mouvement était lancé. Ousmane rentrera chez lui avec un nouveau projecteur, une petite somme qui lui permettra de construire une salle de conférence, catalyseur de prises de conscience pour son projet d’éco-village, et un cœur rempli de gratitude.

Quand les cœurs sont touchés, la relation créée, nous sommes, ensemble, capables d’amorcer le changement qui est nécessaire pour co-construire le monde dont nous rêvons pour nos enfants!

Isabelle Giraldo